Le puits des Forçats de Mont-Louis

Le puits des Forçats de Mont-Louis

Quand on visite la citadelle de Mont-Louis, on découvre forcément des choses qui rappellent son passé militaire.

Mais il y en a une qui m’a particulièrement intriguée : le puits des Forçats.

Rien que le nom donne envie de savoir ce qui se cache derrière !

Et surtout, quand on découvre l’ancien système qui permettait de remonter l’eau, on comprend assez vite que les soldats de Mont-Louis n’avaient vraiment pas choisi la facilité… 😅

💧 Un puits de 28 mètres

Le puits se trouve dans la citadelle et descend à environ 28 mètres de profondeur.

Et il ne s’agit pas simplement d’un trou très profond dans lequel on descendait chercher de l’eau avec un petit seau.

Pour remonter l’eau, il fallait utiliser un système beaucoup plus impressionnant : une énorme roue d’écureuil.

Vous savez, ces roues dans lesquelles les petits animaux doivent courir pour les faire tourner ?

Eh bien, ici, c’était à peu près le même principe.

Sauf qu’au lieu d’un hamster, on avait… un soldat ! 😄

🐹 Une roue géante pour remonter l’eau

Pour faire fonctionner le système, il fallait entrer à l’intérieur de la grande roue et marcher.

En avançant, on faisait tourner la roue, qui actionnait ensuite un ensemble de poulies.

Ce mécanisme permettait de remonter un grand seau d’eau depuis le fond du puits jusqu’au niveau du sol.

Autrement dit, pas besoin de moteur électrique, évidemment.

Il fallait simplement de la force… et beaucoup de courage pour recommencer l’opération chaque fois qu’il fallait de l’eau !

Aujourd’hui, nous tournons un robinet.

À Mont-Louis, il fallait faire tourner une roue.

Je crois que je préfère mon époque. 😂

😮 Mais pourquoi « puits des Forçats » ?

C’est là que le nom du puits peut être trompeur.

On pourrait facilement imaginer que des prisonniers condamnés aux travaux forcés étaient chargés de faire tourner la roue.

Eh bien non !

Aucun prisonnier n’a été affecté à cette tâche.

Le nom serait lié à la pénibilité du travail réalisé par les soldats, suffisamment éprouvant pour avoir donné au puits ce nom peu engageant.

Et quand on imagine des hommes enfermés dans cette énorme roue, à devoir marcher pour faire remonter de l’eau depuis 28 mètres de profondeur, on comprend assez bien pourquoi cette tâche n’avait rien d’une partie de plaisir.

🪣 Des seaux retrouvés au fond

Mais l’histoire du puits réserve encore une petite surprise.

Au début du XXe siècle, une mission menée conjointement par le Centre national d’entraînement commando, qui occupait la citadelle de Mont-Louis, et la régie du tourisme et du patrimoine permit d’explorer le fond du puits.

Et les explorateurs ne sont pas remontés les mains vides.

Ils ont retrouvé quatre seaux au fond du puits !

Ils avaient été découverts deux par deux.

Les deux plus récents étaient tombés dans le puits en 1820. Ils avaient donc attendu très longtemps avant de revoir la lumière du jour !

Mais deux autres seaux étaient encore plus intéressants : ils dataient du XVIIe siècle, c’est-à-dire de l’époque de la construction de la citadelle.

Et malgré les siècles passés au fond du puits, ils étaient encore en bon état de conservation.

🪵 Des seaux vieux de plusieurs siècles

Ces deux anciens seaux sont fabriqués en bois de châtaignier, renforcé par des cercles de fer.

Ils présentent également une petite différence de forme.

L’un est tronconique, tandis que l’autre ressemble davantage à un tonneau.

En revanche, ils ont quelque chose d’assez surprenant : ils sont aujourd’hui sans chaînes ni poignée de versement.

Je trouve ces objets particulièrement intéressants parce qu’ils sont très simples.

Ce ne sont ni des armes, ni des objets précieux, ni de grandes pièces de fortification.

Ce sont simplement des seaux.

Mais ce sont des seaux qui ont probablement participé à la vie quotidienne de la citadelle il y a plusieurs siècles.

Et après avoir passé tout ce temps dans l’eau, ils sont finalement devenus de véritables témoins du passé de Mont-Louis.

🌊 Et au fond, il reste encore des choses à découvrir…

Le puits mesure 28 mètres de profondeur.

Mais au fond, il reste environ 3 mètres de sédiments.

Et cela signifie qu’il pourrait encore réserver quelques surprises.

Car si quatre seaux ont déjà été retrouvés, qui sait ce que peuvent encore cacher ces sédiments ?

Il y a également une chose assez impressionnante à savoir : le puits contient environ 12 mètres d’eau, dont la température n’est que de 6 °C.

Je vais donc laisser les futurs explorateurs chercher les trésors qui pourraient encore s’y trouver.

Personnellement, je vais rester bien au chaud à la surface ! 🥶😂

🏰 Une histoire d’eau au cœur de la citadelle

Le puits des Forçats est finalement un très bon exemple de ces installations indispensables à la vie d’une place forte.

Une citadelle comme Mont-Louis devait pouvoir fonctionner de manière autonome, et disposer d’une réserve d’eau était évidemment essentiel.

Aujourd’hui, il suffit de regarder cette énorme roue pour imaginer le travail nécessaire pour faire remonter l’eau.

Et c’est peut-être cela que j’aime le plus dans ce genre de découverte : derrière un vieux mécanisme ou un simple puits, on retrouve des gestes du quotidien, des hommes qui travaillaient, des objets qu’ils utilisaient et des petites traces de leur vie.

Alors, la prochaine fois que vous entendrez parler d’une roue d’écureuil, ne pensez pas seulement à un petit animal qui court en rond.

À Mont-Louis, les « écureuils » étaient beaucoup plus grands… et ils avaient probablement beaucoup moins envie de courir ! 🐹😄

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