Ma visite au palais des Rois de Majorque : je ne m’attendais pas du tout à ça !
🎒 Le sac à dos d’Aina
- ⏱ Temps de visite : 1 h 30
- ❤️ Mon endroit préféré : la salle de Majorque
- 👀 Le détail à ne pas manquer : les inscriptions arabes.
- 📷 La plus belle photo : la cour intérieure depuis la salle du Trône.
- 😊 Pour les enfants ? Oui !
- 🚶 Accessible ? Oui, mais il y a beaucoup d’escaliers.
Il y a quelques jours, je suis allée visiter le palais des Rois de Majorque, à Perpignan.
Pour être honnête, je connaissais son nom… mais je ne savais presque rien de son histoire. J’imaginais un vieux château médiéval, avec quelques salles vides et de grandes murailles. Bref, une visite sympa… sans plus.
Eh bien je me suis complètement trompée !
En plus, j’ai eu de la chance : il faisait très beau et il n’y avait presque personne. J’y suis allée entre midi et deux, pendant une grosse chaleur. Résultat : j’avais quasiment le palais pour moi toute seule. C’est assez rare pour être souligné !
La première surprise, c’est qu’on ne voit pas immédiatement le palais en arrivant. Les immenses remparts cachent complètement le bâtiment. Et puis, quand on l’aperçoit enfin, on se dit : « Ah oui, c’est un château fort ! »
Sauf que… pas vraiment.
En réalité, c’est l’un des tout premiers palais royaux d’Europe. Il a bien été construit avec des tours, des murailles et tout ce qu’il faut pour impressionner les visiteurs, mais son rôle principal était d’abriter le roi, sa famille et le gouvernement du royaume. On venait ici pour gouverner autant que pour se protéger.
Avant même d’entrer, je me suis retrouvée face à un immense escalier.
Je ne sais pas si ça vous fait la même chose, mais les marches sont tellement longues qu’on monte toujours avec le même pied ! Au bout d’un moment, ma jambe gauche commençait sérieusement à protester… Heureusement qu’elle ne s’est pas mise en grève !
En arrivant dans les jardins, j’ai pris quelques minutes pour regarder autour de moi.Aujourd’hui, c’est un endroit très agréable où l’on peut admirer une superbe vue sur le Canigó. On y découvre aussi une sculpture d’Aristide Maillol.
Pourtant, ces jardins n’ont pas toujours été aussi paisibles. Avant le traité des Pyrénées de 1659, ils avaient une fonction militaire. On y trouvait notamment la poudrière. Finalement, ce n’était peut-être pas une mauvaise idée de stocker la poudre à canon un peu plus loin des appartements du roi…
Puis mon regard s’est levé vers la grande tour de l’Hommage.
Quelle impression !
À l’époque, entrer dans le palais n’avait rien d’une promenade. Il fallait franchir un pont-levis, passer une barbacane — un passage en zigzag conçu pour ralentir les assaillants — puis une herse… sans oublier l’assommoir.
Oui, oui… un assommoir. Rien que le nom donne envie d’être du bon côté de la porte !
D’ailleurs, le pont-levis et la herse sont encore parfaitement visibles aujourd’hui.
Une fois sous le grand porche, j’ai enfin trouvé un peu d’ombre… et le guichet.
Eh oui… même les princesses imaginaires prennent leur billet !
Ce que j’ai adoré, c’est qu’une partie du palais est accessible gratuitement. Même sans visiter toutes les salles, on peut déjà voir la grande cour intérieure et profiter de l’atmosphère des lieux.
Comme il n’y avait presque personne, j’ai fait deux fois le tour du palais.
Oui… deux fois !
La première pour découvrir.
La deuxième parce que j’avais l’impression d’avoir raté plein de détails.
Et j’ai bien fait !
J’ai découvert un passage très discret qui reliait autrefois les appartements du roi à ceux de la reine, caché derrière l’église haute. Je n’ai malheureusement pas pu l’emprunter, pas plus que visiter les appartements de la reine. Il faudra bien que j’y retourne un jour…
La salle du Conseil m’a aussi beaucoup impressionnée. On y distingue encore des fragments de peintures médiévales aux couleurs très vives. On imagine facilement à quel point le palais devait être coloré au XIIIᵉ siècle.
Et puis j’ai appris quelque chose qui m’a vraiment surprise.
Dans la salle du Trône et dans l’église haute, des spécialistes ont identifié des inscriptions en arabe. L’une d’elles contiendrait même le mot « Allah ». Quand on les regarde, on pense voir une simple décoration géométrique… mais elles témoignent en réalité des échanges artistiques entre les mondes chrétien et musulman au Moyen Âge.
Je ne m’attendais vraiment pas à découvrir cela ici.
Autre curiosité : deux anciennes cloches sont aujourd’hui exposées dans une salle du palais. Elles appartenaient à un ingénieux mécanisme qui sonnait automatiquement les heures grâce à un système de poutres, de cordes et de contrepoids. Imaginez… au XIVᵉ siècle, Perpignan possédait déjà l’une des premières horloges automatiques d’Europe !
Enfin, j’ai beaucoup aimé la salle du Trône. Contrairement à ce que son nom laisse penser, ce n’était pas une pièce fermée. C’était un grand balcon ouvert sur la cour, où le roi pouvait observer tout ce qui se passait dans le palais. En hiver, on suspendait d’épais rideaux pour couper le vent. Les encoches qui servaient à les fixer sont encore visibles aujourd’hui.
Quand la visite s’est terminée, je me suis rendu compte d’une chose.
Ce qui m’a le plus marquée, ce ne sont pas les remparts ou les tours.
C’est cette immense salle de Majorque. En entrant, je me suis sentie toute petite. On imagine facilement les grandes réceptions, les banquets et les ambassadeurs venus rencontrer le roi.
Et puis il y a aussi le magnifique portail en marbre rose de l’église haute. Figurez-vous qu’il a même servi de décor au film Le Retour de Martin Guerre !
Bref… je pensais visiter un château.
J’ai découvert un palais, une page entière de l’histoire du Roussillon… et je suis repartie avec beaucoup plus de questions que de réponses.
Heureusement, dans la suite de cet article, je vais vous raconter pourquoi ce palais a été construit, qui étaient vraiment les rois de Majorque… et pourquoi Perpignan a été, pendant quelques décennies, une capitale royale.
Mais au fait… pourquoi y avait-il des rois de Majorque à Perpignan ?
Pendant ma visite, je me suis posé une question toute simple :
Pourquoi un roi de Majorque aurait-il construit un palais… à Perpignan ? Les îles Baléares sont quand même à plus de 200 kilomètres d’ici !
En fait, l’histoire est bien plus surprenante que je ne l’imaginais.
Tout commence au XIIIᵉ siècle avec un personnage extraordinaire : Jacques Ier d’Aragon, que l’on surnommait « le Conquérant ». Ce roi avait agrandi son royaume comme personne avant lui. Il contrôlait la Catalogne, l’Aragon, Valence et plusieurs îles de Méditerranée, dont Majorque.
Mais en vieillissant, il dut préparer sa succession.
Et c’est là que tout bascule.
Au lieu de transmettre l’ensemble de son royaume à son fils aîné, comme c’était souvent le cas à l’époque, Jacques Ier prit une décision qui allait changer l’histoire du Roussillon.
Il partagea son royaume entre ses deux fils.
L’aîné, Pierre, reçut l’Aragon et la plus grande partie des territoires.
Le cadet, Jacques, reçut un royaume entièrement nouveau : le royaume de Majorque.
Ce nouveau royaume ne comprenait pas seulement les îles Baléares. Il réunissait aussi Montpellier, plusieurs terres du sud de la France, ainsi que les comtés du Roussillon et de Cerdagne.
Autrement dit… Perpignan devenait la capitale continentale d’un royaume !
C’est à ce moment-là que Jacques II de Majorque décida de construire un véritable palais royal. L’ancien château médiéval, situé près de l’actuelle cathédrale Saint-Jean, était trop petit et surtout peu adapté à la vie d’une cour royale.
Le palais que j’ai visité est donc né d’une décision familiale…
… mais aussi d’une énorme dispute.
Car Pierre, le frère aîné, n’accepta jamais vraiment que le royaume de son père soit partagé.
Imaginez recevoir un gâteau d’anniversaire… et voir votre grand frère essayer de reprendre votre part dès que tout le monde a le dos tourné !
Eh bien, c’était un peu la même chose… mais avec des armées.
Pendant près de soixante-dix ans, les rois de Majorque durent défendre leur jeune royaume.
Trois souverains se succédèrent sur le trône : Jacques II, Sanche puis Jacques III.
Tous essayèrent de préserver leur indépendance face aux rois d’Aragon, qui considéraient toujours que ces territoires leur appartenaient.
Le royaume chercha même l’aide du roi de France. En 1285, une immense armée française traversa les Pyrénées pour soutenir Majorque.
Mais l’expédition tourna au désastre.
L’armée française fut vaincue et le roi Philippe III le Hardi mourut quelques jours plus tard… ici même, à Perpignan, lors de son retour vers la France.
Finalement, en 1343, Pierre IV d’Aragon lança une offensive décisive contre le royaume de Majorque.
Perpignan fut assiégée.
Le palais que je venais de visiter se retrouva au cœur des combats.
Quelques années plus tard, Jacques III trouva la mort en tentant de reconquérir son royaume, et son héritier, Jacques IV, poursuivit encore la lutte avant de disparaître lui aussi. À partir de ce moment-là, l’espoir de voir renaître le royaume de Majorque s’éteignit définitivement.
Quand on se promène aujourd’hui dans les salles du palais, il est difficile d’imaginer qu’elles ont été le théâtre d’une véritable guerre entre cousins.
Et pourtant, chaque pierre de ce monument raconte cette incroyable aventure : celle d’un royaume qui n’a existé qu’un peu moins d’un siècle, mais qui a laissé à Perpignan l’un de ses plus beaux trésors.
Un palais qui a beaucoup changé au fil des siècles
En visitant le palais, j’ai aussi découvert qu’il n’avait pas toujours eu l’apparence qu’on lui connaît aujourd’hui.
Sa construction commence en 1276, peu après la naissance du royaume de Majorque. Les travaux sont dirigés par Ramon Pau, puis par Pons Descoy. Il faudra plus de trente ans pour achever l’ensemble, jusqu’en 1309.
Mais les rois n’ont pas attendu la fin du chantier pour s’y installer !
Jacques II de Majorque et sa famille ont emménagé alors que les ouvriers étaient encore au travail. C’est d’ailleurs pour cette raison qu’il existe une « ancienne chambre du roi ». Pendant que les appartements royaux définitifs étaient en construction, le souverain occupait une autre pièce… qui est devenue ensuite l’ancienne chambre royale. J’aime bien imaginer les maçons travailler pendant que le roi essayait de dormir juste à côté. Pas sûr que les marteaux du XIIIᵉ siècle étaient très silencieux !
En regardant le palais aujourd’hui, on pourrait croire qu’il a toujours été entouré d’immenses remparts.
En réalité, ce n’était pas le cas.
À l’origine, le palais dominait la campagne. Au nord, un vaste pré le séparait de Perpignan. À l’est poussaient des figuiers et des oliviers, tandis qu’au sud s’étendaient des jardins plantés de treilles, d’orangers et de citronniers.
Le décor devait être magnifique.
Ce n’est qu’au XVIᵉ siècle que Philippe II d’Espagne décide de transformer complètement les lieux. Pour renforcer la défense de Perpignan, il fait construire une immense citadelle tout autour du palais. Les puissants remparts que l’on voit aujourd’hui datent donc de cette époque, bien après les rois de Majorque.
Plus tard encore, au XVIIIᵉ siècle, la citadelle devient un important site militaire et accueille l’état-major de la garnison.
Puis arrive une nouvelle époque, beaucoup plus paisible.
Le palais est classé Monument historique en 1913, suivi de la citadelle en 1935. En 1956, une nouvelle entrée est percée dans les remparts : c’est celle que nous empruntons aujourd’hui sans imaginer qu’elle n’existait pas au Moyen Âge !
Enfin, en 1958, le Département des Pyrénées-Orientales devient propriétaire du palais. De grands travaux de restauration sont entrepris afin d’ouvrir ce lieu exceptionnel au public.
Et franchement… heureusement ! Parce que sans cela, je n’aurais jamais pu venir vous raconter cette visite… et ma jambe gauche n’aurait jamais eu à affronter ce célèbre escalier !
Suivez-moi, je vous fais visiter !
Si vous avez le plan du palais entre les mains, je vous propose une petite visite guidée. Promis, je ne vais pas vous faire réciter les numéros à la fin !
1 – La tour de l’Hommage
Impossible de la manquer !
C’est la plus grande tour du palais, celle qui domine tout l’ensemble. Au Moyen Âge, elle protégeait les lieux… mais elle servait aussi à impressionner les visiteurs.
Et ça fonctionne encore aujourd’hui.
Avant même d’entrer, il fallait franchir un pont-levis, une barbacane, une herse… et même un assommoir. Les rois de Majorque n’avaient manifestement pas prévu de dérouler le tapis rouge aux envahisseurs !
2, 3 et 4 – Là où vivait le roi
En poursuivant la visite, on découvre la salle à manger du roi, la salle du Trône et l’ancienne chambre royale.
J’ai trouvé amusant d’apprendre que cette chambre était en réalité… provisoire ! Le roi y a vécu pendant que les véritables appartements étaient encore en chantier.
La salle du Trône m’a particulièrement surprise. Contrairement à ce que j’imaginais, ce n’est pas une immense pièce fermée avec un trône au milieu. C’est un grand balcon ouvert sur la cour, que l’on pouvait fermer grâce à d’épais rideaux lorsque le vent soufflait trop fort.
En levant les yeux, cherchez aussi les décorations peintes…
Et surtout les fameuses inscriptions arabes. La plupart des visiteurs passent devant sans les remarquer.
5 – Mon énorme coup de cœur : la salle de Majorque
S’il y a une seule salle à ne pas manquer, c’est celle-ci.
Elle est immense !
C’est ici que se déroulaient les grands banquets, les réunions importantes et les réceptions officielles. Les murs étaient autrefois recouverts de tapisseries et une gigantesque cheminée réchauffait la pièce.
On s’imagine très facilement les ambassadeurs arriver ici… et comprendre immédiatement que le roi de Majorque n’était pas un petit seigneur local.
Je crois que je suis restée plusieurs minutes sans parler.
6 et 7 – Les deux chapelles
Le palais possède deux chapelles superposées.
J’ai trouvé cela assez étonnant.
En passant par la galerie, impossible de manquer le magnifique portail en marbre rose de la chapelle haute. Mais pensez aussi à lever les yeux : le plafond en bois peint est superbe et passe souvent inaperçu.
À l’intérieur, les sculptures sont magnifique, mais ce sont surtout les peintures qui surprennent.
Et si vous observez bien les murs, vous retrouverez encore ces étonnantes influences arabes dont je vous parlais tout à l’heure.
C’est un détail qui raconte beaucoup de choses sur les échanges culturels au Moyen Âge.
8, 9 et 10 – Les appartements royaux
Je n’ai malheureusement pas pu visiter toutes les pièces.
Mais celles que j’ai vues conservent encore de nombreuses traces de peintures médiévales.
J’aime beaucoup imaginer les murs entièrement décorés de couleurs vives. On oublie souvent que les palais du Moyen Âge étaient loin d’être gris !
La salle des Timbres, où se réunissait le Conseil du roi, est particulièrement impressionnante par ses dimensions.
11 – La chapelle basse
Avant de repartir, ne manquez pas la chapelle Sainte-Madeleine.
Elle est beaucoup plus sobre que celle située à l’étage, mais son décor est très différent.
Ici, les anges laissent place à des fleurs, des fruits et des motifs inspirés de la Méditerranée.
J’ai trouvé cette chapelle très apaisante.
On imagine facilement la famille royale venir s’y recueillir loin de l’agitation des grandes cérémonies.
Un dernier conseil…
Prenez votre temps.
Le palais des Rois de Majorque ne se visite pas en courant.
Levez les yeux.
Regardez les plafonds.
Observez les fenêtres.
Cherchez les traces de peintures.
Et si vous avez l’impression d’avoir tout vu… faites comme moi : refaites un deuxième tour.
Je vous garantis que vous découvrirez encore quelque chose que vous n’aviez pas remarqué la première fois !
Et si on remontait le temps jusqu’au XIVᵉ siècle ?
Avant de quitter le palais, j’ai envie de vous proposer un petit jeu.
Fermez les yeux quelques secondes…
Imaginez que nous sommes en 1330.
Les voitures ont disparu.
Les téléphones aussi.
À leur place, on entend les chevaux qui traversent les rues de Perpignan, les marchands qui interpellent leurs clients et les cloches des nombreuses églises qui rythment la journée.
À cette époque, Perpignan est l’une des villes les plus importantes de la Méditerranée occidentale.
Grâce au royaume de Majorque, des marchands arrivent de Catalogne, de Provence, d’Italie, du Languedoc, du Maghreb ou encore du Proche-Orient. Les rues sont animées, les langues se mélangent et les marchandises venues de très loin remplissent les échoppes.
Le textile fait la richesse de la ville.
Les drapiers, les pareurs, les tanneurs et les artisans du cuir travaillent sans relâche. Certaines rues portent encore aujourd’hui le souvenir de ces métiers, comme la rue des Cardeurs ou la rue des Fabriques-d’En-Nabot.
En traversant Perpignan, on marche donc parfois dans les pas de ces artisans du XIVᵉ siècle… sans même s’en rendre compte.
Pendant ce temps, au palais, la vie suit un protocole extrêmement précis.
Rien n’est laissé au hasard.
En 1337, le roi Jacques III fait même rédiger un étonnant ouvrage : les Lois palatines.
Ce véritable manuel explique dans les moindres détails comment fonctionne le palais : qui ouvre les portes, qui accompagne le roi, qui prépare les cérémonies, qui sert les repas…
On pourrait presque parler du « mode d’emploi » du palais !
Et justement… parlons un peu des repas.
Je m’imaginais une cuisine médiévale assez simple.
En réalité, les tables royales étaient incroyablement raffinées.
Les cuisiniers mélangeaient volontiers le sucré et le salé, utilisaient des épices venues d’Orient et préparaient des plats aux saveurs parfois étonnantes. C’est d’ailleurs à cette époque qu’est rédigé le Sent Soví, considéré comme le plus ancien livre de cuisine en catalan.
Imaginez la scène…
De longues nappes blanches brodées recouvrent les tables.
La vaisselle est en or ou en argent.
De magnifiques céramiques décorent les buffets.
Le sol est même recouvert de plantes aromatiques qui parfument toute la salle.
Autant vous dire que les banquets de la salle de Majorque devaient être bien différents de nos pique-niques !
Mais la vie du royaume ne tournait pas uniquement autour des fêtes.
La religion occupait une place essentielle dans la société.
Perpignan accueillait de nombreux ordres religieux. Les Templiers administraient le trésor royal, les Mercédaires rachetaient les prisonniers détenus chez les Maures, tandis que les Dominicains et surtout les Franciscains exerçaient une influence considérable sur la population.
La famille royale elle-même était profondément marquée par cette spiritualité.
Le fils aîné de Jacques II renonça même à devenir roi pour entrer chez les Franciscains… ici, à Perpignan.
Je trouve que cette histoire est incroyable.
Aujourd’hui, quand on visite le palais des Rois de Majorque, on admire ses murs, ses tours et ses chapelles.
Mais si l’on prend quelques instants pour imaginer tout ce qui s’y est passé, le monument change complètement.
On entend presque les conversations des ambassadeurs, le bruit des chevaux dans la cour, les cloches qui rythment la journée et les cuisines qui s’activent avant un grand banquet.
Et c’est peut-être ça, la vraie magie du patrimoine.
Les pierres ne parlent pas.
Mais elles savent raconter des histoires… à ceux qui prennent le temps de les écouter.