Castelnou : un village, un château et mille ans d’histoire

Castelnou : un village, un château et mille ans d’histoire

Vous savez quoi, les amis ? Je suis allée visiter Castelnou, et je pensais surtout découvrir un château. En réalité, j’ai découvert quelque chose de beaucoup plus intéressant : un véritable ensemble formé par le village, ses anciennes fortifications, le château et la chapelle Sainte-Marie du Mercadal.

Et surtout, j’ai découvert un château qui compte parmi les plus anciens du département : ses premières constructions remontent à la fin du Xe siècle. Autant vous dire que, quand on aime les vieilles pierres comme moi, ça commence plutôt bien !

🎒 Je vous dis tout !

  • ⏱ Temps de visite : 2 à 5h (1h pour le château)
  • ❤️ Mon endroit préféré : la vue sur les Aspres
  • 👀 Le détail à ne pas manquer : les armoiries de Castelnou dans le sol
  • 📷 La plus belle photo : La porte médiévale du village.
  • 😊 Pour les enfants ? Oui, mais ça grimpe un peu !
  • 🚶 Accessible ? Oui, mais les personnes en fauteuil roulant devront parfois se faire aider. Et le château est hélas inaccessible en fauteul roulant.

🏘️ À la découverte du village

Avant de grimper au château, il faut prendre le temps de découvrir Castelnou. Et je vous conseille vraiment de ne pas faire comme les gens pressés qui arrivent, prennent deux photos du château et repartent. Ce serait dommage !

Un peu avant le village, un point de vue permet déjà de découvrir Castelnou de loin. Puis, une fois arrivé, plusieurs parkings permettent de laisser la voiture avant de poursuivre à pied. Le village lui-même est entièrement piétonnier et s’étale sur le versant de la colline jusqu’au pied du château.

Ce que j’ai beaucoup aimé, ce sont les maisons. Elles ont conservé leur aspect traditionnel, avec leurs murs de pierre et de schiste. Très peu ont été recouvertes d’enduit, ce qui donne au village une unité et un charme vraiment particuliers.

On entre dans Castelnou par l’ancienne porte médiévale. Elle faisait autrefois partie d’une enceinte qui entourait entièrement le village. Une partie de cette muraille existe encore, avec plusieurs tours semi-cylindriques. Il en reste aujourd’hui huit.

Deux rues principales, étroites et pavées de schiste, montent tranquillement vers le sommet. Et plus on monte, plus le château apparaît. C’est là que j’ai compris que le village et le château ne pouvaient vraiment pas être dissociés : on ne visite pas simplement un château posé au-dessus d’un village. On découvre tout un ensemble médiéval.

Et Castelnou n’est pas un village-musée. Des habitants y vivent encore à l’année, et on trouve quelques restaurants ainsi que plusieurs boutiques, notamment des artisans et des créateurs. Lors de ma visite, j’ai même fini par m’installer sur une terrasse pour boire quelque chose de frais. Il faisait chaud et, après les escaliers du château, je peux vous dire que c’était mérité !

💡 Le conseil d’Aina

Si vous pouvez choisir votre journée, privilégiez un jour de beau temps et, pourquoi pas, un jour d’animation. La vue est évidemment plus jolie lorsque le ciel est dégagé et les fêtes et animations donnent encore davantage de vie au village.

Vous pouvez arriver en fin de matinée, monter visiter le château, redescendre déjeuner, puis prendre le temps de parcourir les boutiques et les rues dans l’après-midi.

Et surtout : ne faites pas seulement le château !

🏰 Le château de Castelnou

Bon, maintenant que nous sommes arrivés tout en haut, parlons du château !

Il ressemble exactement à l’idée que l’on peut se faire d’un château médiéval quand on est enfant : des tours, des créneaux, des meurtrières, de gros murs et des passages étroits.

Sauf qu’une fois à l’intérieur, il y a une chose qui devient rapidement évidente : qu’est-ce que ça monte !

Le château est installé au sommet du rocher, à environ 320 mètres d’altitude. Son plan forme un pentagone irrégulier et ses remparts peuvent atteindre trois mètres d’épaisseur. Ils épousent la forme du sommet et entourent une forteresse conçue pour être difficile à prendre.

Il y avait d’ailleurs tout ce qu’il fallait pour tenir un siège : notamment une citerne pour assurer l’approvisionnement en eau et une chapelle.

Mais attention à une petite surprise : tout ce qui ressemble à un château médiéval n’est pas forcément médiéval !

Le crénelage que vous voyez aujourd’hui a par exemple été restauré au XIXe siècle. Le vicomte Ernest de Satgé, qui acheta le château en 1877, entreprit d’importants travaux et lui redonna une apparence plus conforme à l’image que nous avons aujourd’hui d’un château fort.

👣 La visite du château

La visite commence par une petite grimpette. Et ce n’est pas fini !

Après la billetterie, le chemin contourne le château avant de rejoindre un escalier qui permet d’entrer sous les remparts. On traverse au passage un espace planté de végétation méditerranéenne, notamment un pistachier de plus de cinquante ans.

Cet endroit avait autrefois une fonction beaucoup plus pratique : il servait notamment aux activités nécessaires à la vie du château. C’est au XIXe siècle que le vicomte de Satgé le transforma en jardin. Plus tard, Jacques Maso replanta plusieurs arbres après l’incendie des Aspres de 1976.

Et regardez bien le grand cèdre : c’est à son pied qu’Elisabeth Brousse, née Thorpe, fut enterrée. Mais je vous en reparlerai un autre jour, car son histoire mérite vraiment un article à elle toute seule…

Une fois dans le château, l’impression de hauteur est impressionnante. La cour est étroite et les bâtiments semblent presque nous tomber dessus. On trouve ici plusieurs salles qui racontent l’histoire du lieu.

Puis on continue à monter.

Encore un escalier.

Puis un autre.

Et encore un.

À ce stade, vous avez compris : le château de Castelnou est aussi une excellente façon de faire un peu de sport sans avoir officiellement décidé de faire du sport.

On arrive ensuite aux deux grandes salles. La plus petite est la salle de l’hommage, où le vicomte recevait ses subordonnés et où ceux-ci prêtaient allégeance. La seconde était notamment utilisée pour l’exercice du pouvoir et pour les repas.

Et enfin, tout en haut, arrive la récompense.

Le chemin de ronde et le toit-terrasse offrent une vue à 360 degrés sur toute la région.

Par beau temps, c’est magnifique.

Et c’est aussi l’endroit idéal pour comprendre pourquoi on a choisi de construire le château ici : depuis ce sommet, on domine largement le paysage.

🎒 Le sac à dos d’Aina

À prendrePourquoi ?
👟 De bonnes chaussuresIl y a beaucoup d’escaliers !
💧 De l’eauSurtout quand il fait chaud
🧢 Un chapeauLe soleil peut taper fort
📷 Un appareil photoLa vue depuis le sommet vaut le détour
☀️ De la crème solaireParce qu’Aina pense à tout !

Le château est payant, mais la visite reste abordable. Il faut également vérifier les périodes d’ouverture, car le site n’est pas ouvert toute l’année. Des visites guidées et, selon les périodes, des activités destinées aux familles peuvent également être proposées.

📜 Mille ans d’histoire

Et maintenant, accrochez-vous : le château de Castelnou n’est pas seulement joli. Il est surtout très, très ancien.

Une puissante vicomté

La construction du château commence entre 988 et 990, à l’initiative des seigneurs de Camélas. Il doit alors affirmer la puissance de la vicomté du Vallespir, dont les seigneurs vont progressivement former la famille de Castelnou.

La première mention écrite du château remonte à 993. À cette époque, il ne ressemble pas encore au vaste ensemble que nous voyons aujourd’hui : il comprend une chapelle, une longue salle et une tour. Les murailles seront construites aux XIe et XIIe siècles, tandis que les grandes salles apparaîtront plus tard.

Pendant plusieurs siècles, Castelnou est le centre du pouvoir de la famille qui porte son nom. Le château est à la fois résidence, centre administratif et forteresse militaire.

La vicomté connaît son apogée aux XIe, XIIe et XIIIe siècles.

Puis les choses se compliquent.

Au XIIIe siècle, les rivalités entre le royaume de Majorque et celui d’Aragon bouleversent la région. En 1286, le vicomte Jausbert V choisit le camp du roi d’Aragon. Lorsque les rois de Majorque reprennent temporairement le contrôle de leurs territoires, Castelnou est contraint de se rendre et le château est démantelé. Jausbert V doit partir en exil.

La lignée des Castelnou s’éteint officiellement en 1321 et la vicomté disparaît progressivement.

Le château change alors plusieurs fois de propriétaires. Il passe notamment aux mains d’André de Fenollet en 1373, puis de la famille de Perellos au XVe siècle. Il est ensuite occupé par les troupes de Louis XI avant de passer à plusieurs familles.

Au XVIe siècle, la seigneurie appartient à la famille de Llupia.

Et en 1559, le château connaît une nouvelle épreuve : assiégé après un conflit avec le gouverneur du Roussillon, il ne résiste pas à l’artillerie ennemie. Il ne retrouvera jamais son importance militaire.

De château abandonné à monument restauré

Après des siècles mouvementés, le château va connaître une nouvelle vie.

En 1877, le vicomte Ernest de Satgé de Saint-Jean l’achète pour 6 000 francs et entreprend d’importants travaux afin de le transformer en habitation.

Au XXe siècle, il change encore plusieurs fois de propriétaires. En 1946, il est acheté par Charles Brousse. Son épouse Elisabeth est enterrée au pied du grand cèdre du château.

Et c’est là que l’histoire devient particulièrement intrigante : Elisabeth Brousse était connue, pendant la Seconde Guerre mondiale, sous son nom de jeune fille, Elisabeth Thorpe… et elle fut espionne.

Je vous raconterai son histoire dans un article consacré à cette femme étonnante.

Puis arrive Jacques Maso.

Dans les années 1970 et 1980, il transforme le château en lieu consacré à l’art, aux expositions et aux spectacles vivants. Mais en 1981, un incendie ravage une partie de l’édifice.

L’incendie commence après une veillée organisée par des scouts dans la grande salle. La chaleur du conduit de cheminée se transmet aux solives du toit, qui finissent par prendre feu.

Heureusement, tout le monde est évacué à temps et personne n’est blessé.

Deux grandes salles sont cependant gravement endommagées.

Et Jacques Maso, devant les ruines, aurait simplement considéré que cela devait bien arriver un jour ou l’autre.

Un personnage, celui-là !

Cette histoire mérite elle aussi son propre article.

Le château connaît ensuite d’autres propriétaires avant d’être finalement racheté par le Conseil départemental pour un euro symbolique. D’importants travaux de mise en sécurité sont réalisés et le château rouvre au public à l’été 2020. La restauration bénéficie notamment du soutien du Département, du Loto du patrimoine et de dons de particuliers.

Et quand on voit aujourd’hui le château, difficile d’imaginer qu’il ait pu connaître autant de périodes d’abandon et de destruction.

⛪ Et si on regardait aussi autour du château ?

Parce que, comme je vous le disais au début, Castelnou ne se résume vraiment pas à son château.

Sainte-Marie du Mercadal

Vous la verrez presque immédiatement en arrivant, puisqu’elle se trouve tout près des parkings.

La chapelle Sainte-Marie du Mercadal est une église assez simple, mais plutôt imposante pour un village de cette taille. Elle se trouve à l’extérieur du village, au milieu d’une végétation qui lui donne aujourd’hui un petit côté champêtre que j’adore.

Et puis il y a les cyprès du cimetière.

Je sais, ce n’est pas forcément l’argument touristique du siècle, mais moi, j’aime beaucoup cet endroit. Il y a quelque chose d’apaisant à regarder un bâtiment que nos ancêtres ont construit il y a plusieurs siècles et qui est toujours là.

L’église est mentionnée dans les textes à partir de 1355 sous le nom de Santa-Maria del Mercadal, c’est-à-dire Sainte-Marie du marché. Elle était probablement plus ancienne, peut-être du XIIe siècle, puis fut notamment agrandie au XVIIIe siècle avec une sacristie et un clocher.

Malheureusement, elle est souvent fermée, ce qui limite la découverte de son mobilier intérieur.

Mais rien que pour son environnement, je trouve qu’elle mérite le détour.

🔥 La tour de surveillance

Il existe aussi, sur une colline au nord-ouest du village, une ancienne tour de surveillance.

Elle faisait partie d’un vaste réseau de communication lié à la vicomté et au royaume de Majorque. Elle communiquait notamment avec la tour de Batère.

Le principe était plutôt ingénieux : des feux la nuit et de la fumée le jour permettaient de transmettre rapidement un message d’alerte depuis les montagnes vers les centres de pouvoir, notamment le palais des rois de Majorque ou le château royal de Collioure.

Comme quoi, bien avant les téléphones portables, les gens avaient déjà inventé les notifications.

Bon… elles étaient un peu plus difficiles à désactiver.

❤️ Les coups de cœur d’Aina

Alors, qu’est-ce que j’ai préféré à Castelnou ?

D’abord le village, évidemment. J’aime beaucoup ces petites rues de schiste, les maisons en pierre et cette impression de monter progressivement vers le château.

Ensuite, le château lui-même. Pas seulement parce qu’il est magnifique, mais parce que sa visite permet vraiment de comprendre comment fonctionnait une forteresse médiévale. Et puis cette vue depuis le sommet… franchement, difficile de s’en lasser.

J’ai aussi beaucoup aimé Sainte-Marie du Mercadal. Elle est plus discrète, moins spectaculaire, mais elle possède ce petit charme des monuments que l’on découvre presque par hasard.

Et puis j’aime surtout cette idée que Castelnou forme un tout : un village, des fortifications, une chapelle et un château qui racontent ensemble plus de mille ans d’histoire.

C’est peut-être ça, finalement, qui m’a le plus plu.

📚 À découvrir bientôt

Et je ne vous ai pas tout raconté !

Certaines histoires méritent vraiment qu’on leur consacre un article entier. Je vais notamment vous parler de :

  • 🕵️ Elisabeth Thorpe, l’espionne de Castelnou
  • 🔥 1981 : l’incendie qui faillit détruire le château
  • 🎨 Jacques Maso et le château des artistes
  • La chapelle Sainte-Marie du Mercadal

Parce qu’après mille ans d’histoire, vous imaginez bien que je n’allais pas réussir à tout raconter en une seule visite !

Alors, si vous passez par Castelnou, prenez votre temps. Montez au château, redescendez dans les petites rues, poussez jusqu’à la chapelle… et surtout, regardez autour de vous.

Moi, c’est exactement comme ça que j’aime découvrir les Pyrénées-Orientales : un pas après l’autre, avec un peu de curiosité et beaucoup de vieilles pierres. ❤️

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