Le Barcarès : derrière les plages, une ville à découvrir

Le Barcarès : derrière les plages, une ville à découvrir

C’est l’été, alors j’en ai profité pour retourner au Barcarès ! Cela faisait longtemps que je n’y étais pas venue, et j’ai redécouvert une ville bien différente de l’image qu’on peut en avoir au premier regard.

Ici, tout est fait pour accueillir les vacanciers : la mer, les plages, les résidences, les animations… mais le Barcarès ne se résume pas à ça ! En me promenant, j’ai découvert une ville très étendue, composée de plusieurs quartiers, quelques curiosités étonnantes et même un patrimoine que je n’imaginais pas aussi riche.

Alors, vous venez avec moi découvrir le Barcarès autrement ? 🌊☀️

Le Barcarès en quelques chiffres

👥 Habitants à l’année6100 hab.
☀️ Population en été150 000 hab.
📐 Superficie11,65 km²
🌊 Entre mer et étangMéditerranée et étang de Leucate
🏖️ Plages8 kms
🏘️ Quartiers4 principaux secteurs (25 zones)

Une petite commune toute en longueur… mais qui peut multiplier sa population pendant l’été !

Une ville entre mer et étang

Quand on regarde le Barcarès sur une carte, on comprend assez vite que la mer n’est pas la seule vedette du coin ! La commune est installée sur une étroite bande de terre coincée entre la Méditerranée et l’étang de Salses, tout comme sa voisine Leucate.

Et cette situation donne au paysage une ambiance assez particulière : d’un côté, les plages et les vagues ; de l’autre, un vaste espace lagunaire beaucoup plus calme. Entre les deux, la ville s’est développée en longueur, en profitant de cette bande de terre plutôt que de pouvoir s’étaler dans toutes les directions.

Mais ce qui m’a surtout surprise, c’est que cet environnement très touristique abrite encore des espaces naturels intéressants.

L’étang du Barcarès

L’étang de Salses-Leucate, que l’on appelle aussi localement l’étang du Barcarès, constitue un écosystème aquatique particulièrement intéressant.

Malgré la présence de la station balnéaire juste à côté, l’étang a été relativement préservé de l’activité humaine. La ville se trouve en effet entre lui et la mer, ce qui limite son influence directe sur le milieu naturel.

L’étang communique également avec la Méditerranée. Cette ouverture permet notamment de renouveler une partie de ses eaux et de favoriser l’évacuation des limons et des sédiments qui s’y accumulent naturellement.

Bref, derrière les immeubles, les restaurants et les plages, il y a tout un monde aquatique qui continue tranquillement sa petite vie. Et lui, au moins, n’a pas besoin de réserver son emplacement de serviette ! 😄

Le parc des Dosses

Au nord du Barcarès, le parc des Dosses permet justement de découvrir un autre visage de la commune.

À première vue, le paysage peut sembler assez sec et aride. Pourtant, il abrite une faune et une flore particulièrement intéressantes et constitue notamment une zone importante pour l’observation des oiseaux.

Un chemin piétonnier permet de faire le tour du parc. Des panneaux expliquent la faune, la flore et les particularités du milieu naturel, tandis que des aménagements et des jeux permettent aussi aux enfants de profiter de la promenade.

C’est surtout un endroit où l’on peut prendre son temps. Loin de l’agitation du front de mer en pleine saison, on découvre un Barcarès beaucoup plus calme, avec les oiseaux pour seuls voisins… ou presque ! 🐦

Mais comment un petit territoire littoral est-il devenu l’une des grandes stations balnéaires des Pyrénées-Orientales ? Ça, c’est une autre histoire…

Un village de pêcheurs devenu une station balnéaire

Comment est-on passé d’un petit village de pêcheurs à la station balnéaire que nous connaissons aujourd’hui ? C’est une histoire assez incroyable, parce qu’il n’y a finalement pas si longtemps que le Barcarès ressemblait beaucoup moins à celui que nous connaissons !

Bien avant les immeubles, les résidences de vacances et les grandes plages aménagées, le Barcarès était avant tout une terre de pêcheurs.

Restaurant du Barcarès

À l’époque, les pêcheurs vivaient principalement à Saint-Laurent-de-la-Salanque, quelques kilomètres plus loin dans les terres. Ils venaient sur le littoral pour travailler et tiraient leurs barques directement sur la plage.

Mais il fallait bien ranger le matériel quelque part ! Des petites baraques furent donc progressivement construites près du rivage, notamment en sanills, des roseaux très présents dans la région. Au départ destinées à entreposer les équipements, elles furent peu à peu aménagées pour permettre aux pêcheurs d’y séjourner plusieurs jours.

Pendant ce temps, un port s’était développé un peu plus au sud. Créé après le rattachement du Roussillon à la France, il servait notamment au commerce et permettait d’expédier les productions de la vallée de l’Agly.

Au XIXe siècle, son activité évolua et la pêche prit une place de plus en plus importante. On y installa même un chantier naval où étaient construites les fameuses barques catalanes.

Puis une nouvelle mode arriva sur les côtes françaises : les bains de mer.

Au début du XXe siècle, le littoral commença à attirer une population plus aisée venue profiter de la mer et du soleil. Des maisons apparurent progressivement autour de ce qui allait devenir le centre du Barcarès. Même l’église de l’Assomption témoigne de cette époque puisqu’elle fut construite à la fin du XIXe siècle.

Et puis, en 1929, une étape importante arriva : Le Barcarès devint officiellement une commune indépendante de Saint-Laurent-de-la-Salanque.

Mais le grand bouleversement était encore à venir.

Après la Seconde Guerre mondiale, le tourisme balnéaire prit une importance considérable sur le littoral méditerranéen. Dans les années 1960, la Mission Racine lança l’aménagement massif de la côte du Languedoc-Roussillon afin d’y développer de grandes stations touristiques.

Le Barcarès allait alors changer de visage.

Les anciennes cabanes de pêcheurs laissèrent progressivement place aux résidences et aux immeubles du front de mer. La ville fut aménagée pour accueillir des milliers de vacanciers et devint la station balnéaire que nous connaissons aujourd’hui.

Et en 1967, un drôle de bateau arriva même sur la plage…

Le Lydia, un ancien paquebot de près de 90 mètres, fut installé sur le sable et devint rapidement le symbole du Barcarès. Oui, oui : un vrai paquebot posé sur la plage ! On ne fait pas beaucoup plus original pour attirer les touristes. 😄

Depuis, Le Barcarès n’a cessé d’évoluer. De nouveaux quartiers sont apparus, les aménagements se sont multipliés et la ville continue encore aujourd’hui à se transformer.

Finalement, le Barcarès n’est pas seulement une ancienne ville de pêcheurs devenue station balnéaire : c’est une commune qui n’a pratiquement jamais cessé de changer.

Et vu la vitesse à laquelle elle s’est transformée en quelques décennies, je crois qu’il faudra revenir régulièrement pour vérifier qu’elle n’a pas encore changé de visage ! 😉

L’urbanisme du Barcarès de nos jours

Le Barcarès est une ville qui change complètement de visage selon la saison. En hiver, environ 6 000 habitants y vivent à l’année. En été, ils sont rejoints par des dizaines de milliers de vacanciers… jusqu’à faire grimper la population à environ 150 000 personnes !

Autant vous dire qu’au mois d’août, ce n’est plus tout à fait la même ambiance. 😄

En dehors de la saison touristique, le Barcarès fonctionne pourtant comme une vraie petite ville : entreprises, commerces, services publics, associations et vie locale rythment le quotidien des habitants. Mais la commune possède une particularité assez étonnante : elle est très étendue et ses différents quartiers sont presque séparés les uns des autres.

En réalité, j’ai eu l’impression de découvrir quatre Barcarès différents.

Le vieux village

C’est ici que se trouve l’essentiel de la population permanente. Et oui, j’appelle ça le « vieux village »… alors que le Barcarès est l’une des communes les plus récentes des Pyrénées-Orientales ! 😄

Le centre s’organise notamment autour de la grande place du marché, située près de la mer. On y trouve l’office de tourisme, des commerces et plusieurs restaurants.

En hiver, l’ambiance y est évidemment beaucoup plus tranquille. La place devient un véritable lieu de vie pour les habitants, notamment pour les familles. Les enfants profitent de l’espace qui leur est réservé et de son grand bateau, qui semble avoir beaucoup de succès.

Puis arrive l’été… et là, le village change complètement de rythme avec l’arrivée des vacanciers.

Le secteur du port

En remontant vers le nord, on arrive au port de plaisance.

Plus petit et plus tranquille que les grands ports de certaines stations voisines, il possède néanmoins quelques restaurants, des glaciers et surtout une agréable promenade autour des bateaux.

Le secteur conserve d’ailleurs une certaine animation toute l’année. Quand les beaux jours arrivent, les terrasses se remplissent et la criée devient un endroit particulièrement sympathique : on peut y acheter du poisson, mais aussi manger ou simplement boire un verre.

L’été, le quartier devient évidemment plus animé, mais c’est probablement celui qui change le moins entre les deux saisons.

La Coudalère

Changement d’ambiance avec la Coudalère !

Installée au bord de l’étang, cette partie du Barcarès est essentiellement composée de résidences et d’appartements de vacances. En hiver, c’est donc probablement le secteur le plus calme des quatre.

L’été, les vacanciers reviennent et le quartier s’anime, mais la Coudalère reste avant tout un secteur résidentiel. On y vient surtout pour profiter du calme et de l’environnement de l’étang.

Le secteur du Lydia

Et puis il y a le Lydia.

Là, on change clairement de catégorie ! C’est le secteur le plus touristique du Barcarès. Après la grande plage commence une longue succession de résidences et d’immeubles de vacances.

En été, les vacanciers descendent de leurs appartements, traversent parfois à peine la rue et rejoignent la plage. Quelques heures plus tard, ils repartent dans l’autre sens.

Un ballet permanent de maillots de bain, de serviettes, de sable chaud, de crème solaire et de chips. 😄

Bon… je me moque, mais si je vivais dans un petit appartement sans voir la mer dans une ville où il pleut tout le temps, je ferais exactement pareil !

Quatre quartiers, quatre ambiances

Ce qui m’a le plus étonnée au Barcarès, c’est finalement cette séparation entre les différents secteurs.

Le pont du port marque une première rupture entre le vieux village et le port. Plus au nord, la grande plage sépare le port du secteur du Lydia. Et la voie rapide crée encore une autre coupure entre le Lydia et la Coudalère.

Résultat : même si tout cela appartient à une seule commune, chaque secteur possède presque sa propre ambiance, son propre rythme et ses propres habitants.

Et quand on sait que cette ville était encore très différente il y a seulement quelques générations, on comprend que le Barcarès est avant tout une ville construite autour du tourisme.

Que faire au Barcarès ?

Alors, qu’est-ce qu’on peut faire au Barcarès ? Eh bien… beaucoup de choses ! Mais il faut savoir que la ville ne se découvre pas tout à fait de la même manière selon la période de l’année.

En été, évidemment, c’est la grande fête. La plage est immense, le sable est fin, et il y a toujours quelqu’un en train de courir vers l’eau pendant qu’un autre cherche désespérément une place pour poser sa serviette ! 😄

Mais si vous avez envie de changer un peu de la baignade, les activités ne manquent pas : balades en bateau, découverte de la côte, ski nautique, parachute ascensionnel… Et même du téléski nautique ! Pas besoin de bateau pour celui-là : on est tiré par un système de câbles installé sur l’étang.

On trouve aussi de nombreux restaurants, notamment en bord de mer, des animations et des soirées festives. Bref, en été, difficile de s’ennuyer au Barcarès.

Et puis il y a le marché. C’est l’un des plus importants du département et il envahit littéralement le vieux village les mercredis, vendredis et dimanches matin. Il déborde dans les rues voisines et on y trouve de tout : vêtements, objets, produits locaux… et surtout de bons fruits et légumes de la Salanque. Personnellement, je trouve que c’est quand même une excellente raison de se lever tôt ! 🍑

Une station plutôt familiale

J’ai aussi eu l’impression que Le Barcarès était une station assez familiale. Bien sûr, difficile de mettre tout le monde dans une case, mais les grandes résidences de vacances, les appartements adaptés aux familles et les nombreux équipements de loisirs donnent clairement cette impression.

La station compte d’ailleurs moins de bars et de discothèques que certaines de ses voisines. On y trouve davantage de restaurants et, globalement, moins de restauration rapide.

Et puis il faut reconnaître que la plage est particulièrement adaptée aux familles : elle est longue, très large, sablonneuse et bien aménagée. Il y a de la place pour tout le monde… enfin, sauf quand quelqu’un décide de planter son parasol juste devant votre serviette ! 😄

Et quand vient l’hiver…

Le Barcarès ne disparaît pas complètement lorsque les touristes repartent. Il change simplement d’ambiance.

En décembre, par exemple, la ville accueille son célèbre Village de Noël. Et là, franchement, on change complètement de décor !

Le site installé autour du Lydia devient un immense décor de Noël avec chalets, illuminations, animations, restaurants temporaires et même… des télécabines ! Oui, des télécabines. Je vous assure que je ne suis pas en train de transformer Le Barcarès en station de ski. 😄

Il y a également des espaces pour les enfants, la maison du Père Noël et de nombreux stands. Petite précision toutefois : il s’agit d’un véritable village de Noël avec une entrée payante, et non d’un simple marché de Noël gratuit. Une fois à l’intérieur, certaines activités sont également payantes.

Et puis il y a les Déferlantes !

L’autre grand rendez-vous, c’est l’été avec le festival Les Déferlantes.

Pendant plusieurs jours, de grandes scènes accueillent des artistes français et internationaux devant des dizaines de milliers de spectateurs. Indochine, Sting, Shaka Ponk, David Guetta, Rosalia, Julien Doré, Maître Gims, Aya Nakamura, Matt Pokora… et j’en passe !

Et même si vous n’êtes pas spécialement fan de festivals, il faut reconnaître que voir des dizaines de milliers de personnes réunies pour écouter de la musique donne une tout autre atmosphère à la station.

Finalement, c’est peut-être ça qui m’a le plus amusée au Barcarès : la ville n’a pas vraiment une seule personnalité. Elle change complètement selon la saison.

En été, elle sent le sable chaud, la crème solaire et les vacances. En hiver, elle retrouve une ambiance beaucoup plus tranquille. Et en décembre… elle se transforme carrément en décor de film de Noël !

Bref, si vous cherchez une ville qui sait changer d’ambiance, Le Barcarès sait plutôt bien faire. 😄

Que visiter au Barcarès ?

Bon, maintenant que je vous ai raconté ce qu’on pouvait faire au Barcarès, il est temps de parler de ce qu’on peut y voir !

Et je vais commencer par l’incontournable, celui qu’on ne peut vraiment pas rater : le Lydia.

Le Lydia est un ancien paquebot volontairement échoué sur la plage. Construit dans les années 1930, il mesure 91 mètres de long et s’appelait à l’origine Moonta. Lorsqu’il a été désarmé, il aurait pu finir à la casse comme beaucoup d’autres navires. Mais on a eu une autre idée au Barcarès : le transformer en monument et l’installer directement sur la plage !

Son arrivée et son échouage ont d’ailleurs été toute une aventure. Aujourd’hui, le Lydia est devenu le symbole de la station et sa visite vaut vraiment le détour. L’intérieur a été bien aménagé et permet de découvrir l’histoire du navire tout en explorant ses différents espaces. Et puis… visiter un paquebot posé sur le sable, ce n’est quand même pas quelque chose qu’on fait tous les jours !

De la nature et quelques curiosités

Ce que j’aime bien au Barcarès, c’est que plusieurs endroits intéressants peuvent se découvrir gratuitement, simplement en se promenant.

Le parc des Dosses, par exemple, est une vaste zone naturelle située au bord de l’étang. Le paysage paraît assez aride au premier regard, mais il abrite une végétation et une faune beaucoup plus riches qu’on pourrait l’imaginer. Un sentier permet d’en faire le tour et plusieurs panneaux expliquent ce qu’on observe. On y trouve même une ancienne cabane de pêcheurs.

Et puis c’est une balade plutôt tranquille, ce qui n’est pas forcément évident à trouver au Barcarès en plein été !

Un peu plus au sud, du côté du Lydia, se trouve également une petite pinède. Elle n’est pas immense, mais elle réserve une surprise aux enfants… et aux grands enfants : ses écureuils !

Ils sont nombreux et certains sont tellement habitués aux visiteurs qu’ils peuvent venir chercher une noisette ou une noix directement dans votre main. Je vous laisse imaginer le succès auprès des enfants. 🐿️

Les traces du village de pêcheurs

Le Barcarès possède également quelques témoignages de son ancienne vie de village de pêcheurs.

Près du port, on peut notamment découvrir plusieurs cabanes traditionnelles construites en sanils, le roseau que l’on trouvait autrefois dans les environs. Ces petites constructions servaient aux pêcheurs de Saint-Laurent-de-la-Salanque à entreposer leur matériel et parfois à rester quelques jours sur place.

On retrouve encore quelques exemples de ces cabanes dans la région, notamment à Canet, Saint-Hippolyte et ici, au Barcarès.

Il existe également une ferme qui permet de découvrir plus de 300 animaux sur environ deux hectares. Des balades à poney sont proposées et les enfants peuvent même, sous certaines conditions, nourrir les animaux.

Et quelques vieilles pierres !

Bon… je vous préviens tout de suite : si vous êtes comme moi et que vous aimez les châteaux, les vieilles chapelles et les monuments vieux de plusieurs siècles, le Barcarès risque de vous laisser un peu sur votre faim.

La commune est jeune, très jeune même, et son patrimoine ancien est donc forcément limité.

Mais il y a quand même une petite église au cœur du vieux village : l’église Notre-Dame de l’Assomption. Elle est assez modeste, mais elle possède quelques curiosités intéressantes, notamment plusieurs ex-votos. Parmi eux se trouve une maquette de trois-mâts qui rappelle l’ancienne relation des habitants avec la mer.

Et puis il reste quelques bâtiments qui racontent les débuts du village. La Maison Honta en fait partie. Elle était l’une des premières maisons construites « en dur » autour de l’église, achevée en 1866. Elle abrita même l’un des premiers hôtels du Barcarès, le Bar-Hôtel Planet, jusqu’à la fin des années 1920.

L’Allée des Arts

Enfin, si vous aimez les œuvres d’art un peu… surprenantes, il faut aller faire un tour du côté de l’Allée des Arts.

Cette promenade longe le front de mer, au nord de la station, entre le Lydia et la direction de Leucate. Sur environ 600 mètres, des œuvres monumentales sont installées régulièrement le long du parcours.

Certaines sont très belles, d’autres sont franchement étonnantes… et certaines m’ont laissé me demander pendant quelques secondes ce que l’artiste avait bien voulu nous raconter ! 😄

Mais c’est justement ce qui rend la promenade amusante : on avance, on découvre une nouvelle sculpture, on donne son avis et on continue.

Finalement, Le Barcarès n’est peut-être pas la commune des Pyrénées-Orientales où je vais trouver le plus de vieilles pierres. Mais entre le Lydia, les cabanes de pêcheurs, les espaces naturels, les œuvres d’art et les quelques témoignages de l’ancien village, il y a quand même de quoi remplir une belle journée de découverte.

Et ça tombe bien : après tout ce que je viens de vous raconter, je crois que j’ai encore quelques endroits à aller voir ! 😄

L’histoire du Barcarès : des pêcheurs aux touristes

Quand on regarde Le Barcarès aujourd’hui, avec ses immeubles, son port, ses grandes plages et ses milliers de touristes en été, on a du mal à imaginer que tout cela était autrefois une étroite bande de terre plutôt difficile à habiter.

Et pourtant, c’est bien là que commence l’histoire du Barcarès !

Une terre longtemps difficile à habiter

La péninsule située entre la mer et l’étang de Salses était autrefois une zone humide et insalubre. Au Moyen Âge, les hommes avaient déjà commencé à aménager les zones humides du Roussillon. Les Templiers, notamment, avaient participé à l’assèchement de certaines parties de la Salanque en construisant des digues autour de l’Agly.

Mais ici, entre l’étang et la mer, les techniques de l’époque ne permettaient pas vraiment de créer un habitat durable.

Pendant longtemps, il n’y avait donc pas grand-chose à voir.

Puis les choses vont commencer à changer.

La naissance du port

En 1659, le traité des Pyrénées modifie complètement la situation politique de la région. La frontière entre la France et l’Espagne est repoussée jusqu’aux Pyrénées et le Roussillon devient français.

La vallée de l’Agly se développe alors et les échanges commerciaux augmentent. Il devient intéressant d’aménager un port sur cette étroite bande de terre.

Le futur Barcarès commence ainsi à prendre de l’importance.

On y fait transiter du vin, de l’huile, des fruits, du poisson et bien d’autres marchandises. Même le sel y passe, alors qu’il s’agit à l’époque d’une denrée réglementée et fortement taxée.

Le port dépend alors de Saint-Laurent-de-la-Salanque, qui est encore le véritable village du secteur.

D’ailleurs, si vous vous promenez à Saint-Laurent, vous pouvez encore voir sur une ancienne maison une inscription qui rappelle une activité liée à cette époque : « Prud’homie maritime ».

Des pêcheurs et des barques catalanes

Au XIXe siècle, Le Barcarès devient progressivement un véritable port de pêche.

Des pêcheurs viennent s’y installer et l’activité maritime se développe. On y trouve même des chantiers navals capables de construire les fameuses barques catalanes.

Et puis une nouvelle mode arrive : les bains de mer.

Au XIXe siècle, les plages commencent à attirer des visiteurs qui viennent chercher les bienfaits de l’eau de mer et profiter du soleil. Le littoral commence donc à être fréquenté pour le loisir, même si nous sommes encore très loin du Barcarès que nous connaissons aujourd’hui.

La commune, elle, n’existe toujours pas.

Il faudra attendre le 22 mars 1929 pour que Le Barcarès devienne officiellement indépendant de Saint-Laurent-de-la-Salanque.

Et après quelques siècles passés à être essentiellement un territoire de pêcheurs, la petite commune va connaître une histoire beaucoup plus mouvementée que prévu.

Le Barcarès dans la tourmente de la guerre

C’est une partie de l’histoire du Barcarès que j’ai trouvée particulièrement intéressante.

À la fin des années 1930, la guerre civile espagnole pousse des centaines de milliers de républicains espagnols à fuir vers la France. C’est ce que l’on appelle la Retirada.

Des camps sont installés dans plusieurs endroits des Pyrénées-Orientales, notamment à Argelès-sur-Mer, mais aussi au Barcarès.

Oui, exactement ici.

La grande plage que nous connaissons aujourd’hui comme un lieu de vacances a donc également été un camp de réfugiés.

Et l’histoire ne s’arrête pas là.

En 1939, alors que la Seconde Guerre mondiale vient de commencer, des réfugiés espagnols décident de s’engager volontairement dans l’armée française pour combattre le nazisme et le franquisme.

C’est au Barcarès que sont constitués les premiers régiments de marche de volontaires étrangers. Les 21e, 22e et 23e régiments regroupent environ 10 000 hommes, parmi lesquels des Espagnols, des Juifs ayant fui les persécutions nazies et des volontaires venus de très nombreux pays : au total, 47 nationalités !

Ils sont parfois mal équipés et mal vêtus, mais leur motivation est immense.

Si vous allez sur la grande plage, vous avez peut-être déjà remarqué ce monument composé de trois grandes colonnes de béton avec des drapeaux tricolores.

Il est là pour rappeler leur mémoire.

C’est assez étonnant de savoir qu’au même endroit où l’on vient aujourd’hui poser sa serviette et se baigner, des hommes étaient rassemblés quelques décennies plus tôt pour partir combattre.

Pour en savoir plus sur ces évènements : Le monument aux engagés volontaires du Barcarès : l’histoire méconnue des RMVE

Et puis Le Barcarès devient une station balnéaire

Après la guerre, la commune commence progressivement à se moderniser.

À partir de 1953, la municipalité entreprend de nombreux travaux : assainissement, eau potable, électrification, voirie… Le front de mer commence à être aménagé et le port est transformé pour accueillir davantage de bateaux.

Mais le véritable bouleversement arrive dans les années 1960.

À cette époque, l’État veut développer le tourisme sur le littoral du Languedoc-Roussillon. C’est la fameuse mission Racine, lancée en 1963.

L’objectif est énorme : transformer une côte encore largement sauvage en une grande destination touristique.

Au Barcarès, cela signifie notamment lutter contre les moustiques, reboiser le littoral, construire des routes, aménager le port et surtout… construire !

Les immeubles et les résidences touristiques apparaissent progressivement. Le petit village de pêcheurs commence à se transformer en grande station balnéaire.

Et en juin 1967 arrive celui qui deviendra son symbole : le Lydia.

Le paquebot est volontairement échoué sur la plage et devient rapidement l’une des images les plus reconnaissables du Barcarès.

Et voilà comment, en quelques décennies, on est passé d’une bande de terre humide fréquentée par des pêcheurs à une station capable d’accueillir des dizaines de milliers de vacanciers.

Quand je vous disais que Le Barcarès était une ville jeune, je ne plaisantais pas !

Et ce qui est amusant, c’est que cette transformation est loin d’être terminée : la ville continue encore aujourd’hui à évoluer et à aménager ses quartiers.

Finalement, l’histoire du Barcarès, c’est un peu l’histoire d’une ville qui n’a jamais arrêté de changer. Et je trouve ça plutôt intéressant pour une commune qui, il y a encore quelques siècles, n’était même pas vraiment faite pour être habitée ! 😄

Mes coups de cœur ❤️

Mon premier coup de cœur, c’est évidemment le Lydia. Un paquebot posé sur une plage, avouez que ce n’est pas banal ! Il est devenu tellement lié à l’image du Barcarès que j’ai presque l’impression qu’il a toujours été là.

Bon, après avoir parcouru Le Barcarès dans tous les sens, il fallait bien que je vous dise ce que j’ai préféré !

J’ai aussi beaucoup aimé la grande plage. Elle est immense, avec cette impression d’avoir de l’espace même quand il y a beaucoup de monde. Et puis savoir qu’elle a été autrefois un camp de réfugiés espagnols donne à cet endroit une profondeur historique assez surprenante.

Les cabanes de pêcheurs du port m’ont également beaucoup plu. Elles sont simples, mais elles racontent vraiment l’ancien Barcarès, celui des pêcheurs et des barques catalanes, avant les immeubles et les résidences de vacances.

Et puis il y a le grand marché ! J’adore les marchés, alors forcément, celui-ci avait toutes les chances de me plaire. On y trouve de tout, il y a du monde, ça discute, ça négocie… et les fruits et légumes de la Salanque donnent envie de repartir avec la moitié des étals ! 🍑

Mais finalement, mon plus gros coup de cœur, c’est peut-être l’ambiance générale du Barcarès en été. C’est bruyant, animé, coloré, parfois un peu chaotique… mais c’est justement ça qui fait son charme. On sent que toute la ville vit au rythme des vacances.

Et après avoir passé quelques jours ici, je crois que j’ai compris une chose : au Barcarès, même quand on ne fait rien, on a quand même l’impression d’être en vacances ! 😄

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